Coronavirus : communication des syndicats d'opticiens et mise en oeuvre des mesures gouvernementales Actualités


Le ROF, dès dimanche 15 mars à la suite des déclarations du Premier Ministre, a demandé, par écrit, à ses interlocuteurs du ministère des Solidarités et de la Santé, que les magasins d’optique soient concernés par l’interdiction de recevoir du public. Et ce pour assurer la protection nécessaire des collaborateurs/trices en magasin et celles des clients.

Le Gouvernement a décidé, sur les modèles de l’Italie et de l’Espagne, qu’il était nécessaire de maintenir ouverts les magasins d’optique et les centres d’audioprothèses pour assurer une permanence des soins.

Face à l’absence de mise à disposition de matériels de protection pour les opticien-nes, le ROF recommandait dès le 15 mars au soir à ses adhérents de ne pas ouvrir leurs magasins.

A ce jour, mardi 17 mars, la quasi-totalité des magasins adhérents du ROF ont décidé de fermer, et nous saluons ces décisions civiques et responsables.

Le Gouvernement ne dérogeant pas à sa volonté d’organisation d’un service minimum et face au risque d’une mise en place anarchique, la FNOF, le SYNOM et le ROF ont décidé que la profession devait s’organiser pour assurer une réponse de qualité aux éventuelles situations d’urgence visuelle rencontrées notamment par les personnels soignants.

Ce dispositif de service minimum de permanence des soins est en cours d’élaboration par les trois syndicats et sera présentée mercredi 18 mars aux services du ministère des Solidarités et de la Santé. Vous trouvez dans le communiqué disponible ici les premiers éléments descriptifs de ce service.

Le Gouvernement ne s’engageant pas jusqu’à nouvel ordre sur la mise à disposition de matériels de protection, il reposera sur le volontariat libre et éclairé de chacun-e.

Dans le contexte actuel de confinement et de forte diffusion du virus, nous devons nous comporter avec responsabilité, et privilégier la sécurité sanitaire de nos clients, de nos équipes et de nos proches. Aussi nous vous encourageons à vous inscrire dans ce dispositif à la condition que vous soyez détenteur des dispositifs de protection (Masques, Gants, Gel hydroalcoolique…) et que toutes les mesures barrières puissent être mises en place dans votre point de vente.

Concernant le choix d’ouvrir au public (ou non) son magasin, la Directrice de la Sécurité Sociale nous a indiqué ce matin que « le ministère du travail confirme que les opticiens et audioprothésistes sont bien éligibles, alors même qu’ils sont dans le champ des dérogations à l’obligation de fermeture au public, dès lors qu’ils doivent fermer ou, du moins, avoir une activité réduite, que ce soit faute de salariés ( contraints de rester chez eux, notamment pour garder leurs enfants) ou faute d’avoir les moyens d’accueillir le public dans des conditions respectant les consignes sanitaires ».

C’est-à-dire que si vous décidez de ne pas ouvrir votre magasin ou d'avoir une activité réduite (par exemple en participant au service minimum), vous pourrez bénéficier des mesures de chômage partiel.

Dans cette perspective, le Ministère du Travail a publié un communiqué important, dont vous devez prendre connaissance : https://travail-emploi.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/coronavirus-covid-19-et-monde-du-travail.

Enfin, nous attendons la déclinaison précise par le Ministère de l’Economie et des Finances des annonces d’ordre économique faites hier par le Président de la République.

Les éléments indiqués hier matin par Bruno Le MAIRE, mais qui ne sont toujours pas confirmés officiellement, étaient les suivants :

  • Le report des délais de paiement d’échéances sociales et/ou fiscales (URSSAF, impôts) : en savoir plus
  • Dans les situations les plus difficiles, des remises d’impôts directs pourraient être décidées dans le cadre d'un examen individualisé des demandes ;
  • Un soutien de l’État et de la banque de France pour négocier avec sa banque un rééchelonnement des crédits bancaires ;
  • La mobilisation de Bpifrance pour garantir des lignes de trésorerie bancaires dont les entreprises pourraient avoir besoin à cause de l’épidémie
  • Pas de sanctions de la part de la DGCCRF si le délai légal de règlement des factures est dépassé.
  • L’Etat va mettre en place un fond pour les travailleurs indépendants non-salariés. Les cotisations sociales et les charges fiscales seront reportées, voire annulées au cas par cas.
  • Sur les loyers, les représentants des bailleurs refusent pour l’instant d’en suspendre le paiement, mais des échanges continuent avec les différentes parties (certains bailleurs accepteraient en dehors de tout accord global le paiement par mois au lieu du paiement par trimestre, d’autres auraient accepté parfois une exonération de loyer en cours – rapprochez-vous de vos bailleurs individuellement en attendant une mesure que nous espérons plus globale)
  • A noter : Bercy refuse le report du versement de la TVA et des droits de douane.

La fédération des banques a publié un communiqué ce 16 mars indiquant les mesures d’accompagnement mises en place par les banques, à savoir :

  • Mise en place de procédures accélérées d’instruction de crédit pour les situations de trésorerie tendues, dans un délai de 5 jours et une attention particulière pour les situations d’urgence ;
  • Report jusqu’à six mois des remboursements de crédits pour les entreprises ;
  • Suppression des pénalités et des coûts additionnels de reports d’échéances et de crédits des entreprises ;
  • Relais des mesures gouvernementales : dans le cadre des échanges avec les clients, communication et explication des mesures de soutien public (report d’échéances sociales ou fiscales, mécanisme de garantie publique comme BPI…).

Tous ces points vont être susceptibles d’évolution d’ici les 48h à 72h. Conscients de la difficulté actuelle pour chacun d’entre vous, nous espérons pouvoir vous apporter des réponses claires et positives le plus rapidement possible.

Nous ne le répéterons jamais assez concernant l’actuelle crise sanitaire : le ROF recommande la non-ouverture au public des magasins d’optique hors situation d’urgence, notamment en l’absence de matériels de protection.

Confraternellement,

André Balbi


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