Les enjeux de la reprise de l'activité pour les mois à venir Actualités


Paris, le 13 juin 2020

Chères consœurs, chers confères,

Bonjour,

Un mois après le déconfinement, nous constatons tous que la reprise de l’activité a été meilleure qu’anticipée. Nous notons également une réelle reconnaissance de nos clients sur les efforts fournis pour les accueillir dans les meilleures conditions possibles.

Pour l’instant, il est difficile de savoir si cette bonne nouvelle va se poursuivre dans les prochains mois. Nous n’avons que peu de visibilité sur le « stock » d’ordonnances anté covid19 en attente de réalisation, tandis que les flux en cabinets d’ophtalmologistes sont toujours inférieurs au niveau de l’année dernière.

Selon le dernier communiqué du SNOF, « près des 2/3 des ophtalmologistes sont entre 60% et 100% de leur activité normale ». Le SNOF confirme le constat que nous avions dressé il y a un mois : « en cette période transitoire, 30% des répondants estiment que leurs délais de rendez-vous sont plus importants qu’avant le confinement ».

Or malgré ce constat lucide, le SNOF continue à mobiliser sa base sur le rejet du développement des coopérations avec les opticiens, continuant à promouvoir le seul travail aidé avec les orthoptistes comme solution miracle, en dépit des résultats insuffisants depuis 3 ans.

 A l’invitation du Docteur Jean-Bernard Rottier, ancien président du SNOF, j’ai eu l’occasion d’exprimer dans une interview destinée à la communauté des ophtalmologistes la volonté des opticiens de travailler de concert avec eux pour améliorer l’accès aux soins. Je l’en remercie et espère que cela permettra de trouver des solutions collectives et ambitieuses dans un esprit de dialogue constructif.

Le ROF, sans attendre que le SNOF confirme notre constat, a lancé plusieurs sollicitations auprès du Gouvernement pour que la filière soit intégrée dans les différentes mesures gouvernementales. Des discussions sont en cours, nous ne manquerons pas de vous en tenir informés dès que des éléments concrets seront sur la table. Dans la période actuelle, la survie de nos magasins nécessite une action déterminée qui n’est pas compatible avec des effets d’annonces destinés uniquement à se faire mousser sur les réseaux sociaux, je sais que je peux compter sur votre confiance pour cela.

Je salue à cette occasion le travail réalisé par l’ASNAV depuis quelques semaines pour informer nos concitoyens de la possibilité de renouveler leur ordonnance chez l’opticien. Cette campagne de communication aura vocation à s’amplifier dans les jours à venir, le ROF en tous les cas s’y attelle.

En parallèle de la gestion de l’impact du covid 19 sur notre activité, les autres dossiers continuent à avancer, par exemple sur la mise en œuvre des codes LPP fabricants individuels.

Pour mémoire, il s’agit de l’application d’un règlement européen datant de 2016 visant à identifier tous les dispositifs médicaux existants. Le 22 avril dernier, nous avions sollicité, avec le GIFO, la FNOF et le SYNOM un nouveau report de cette entrée en vigueur. La Direction de la Sécurité Sociale, par courrier en date du 8 juin 2020, nous a indiqué deux éléments importants. Premièrement, l’entrée en vigueur de ces nouveaux codes LPP fabricants est repoussée au 1er janvier 2021. Deuxièmement, comme elle s’y était engagée suite à notre demande, un code LPP monture générique va être créé pour que les montures n’ayant pas été référencées par un fournisseur puisse continuer à être prise en charge. Cela était un fort motif d’inquiétude pour un grand nombre d’entre nous. Les échanges réguliers entre la filière et la DSS ont permis d’éviter une catastrophe l’année prochaine.

Sur la mise en œuvre au 1er janvier 2021 de ces codes LPP fabricants, des réunions sont en cours entre l’EDI optique, le GIFO et les syndicats d’opticiens. Nous travaillons dans un esprit de concorde afin que tout soit prêt sans bug technique dans nos magasins au 1er janvier prochain. Nous défendons tous la non communication de ces codes LPP fabricants aux OCAM. Si certains ont besoin de revendiquer la paternité de tel ou tel agencement des catalogues EDI, je leur laisse volontiers, l’essentiel étant que tout soit opérationnel à la date prévue.

Autre grand sujet toujours d’actualité, la relation aux complémentaires santé. Tout d’abord, étant donné les premières réactions d’OCAM indiquant qu’elles ne changeraient rien suite à l’avis de la CNIL, vous trouverez en pièce jointe un modèle de courrier à adresser à chaque OCAM vous demandant la transmission de la prescription et des codes LPP détaillés.

En attendant l’intégration des recommandations de la CNIL dans la loi, l’éventuelle transmission des codes LPP détaillés lors d’une prise en charge avec tiers payant devra être justifiée et motivée par les OCAM. Vous trouverez à cette fin un modèle de courrier à leur adresser en cas de ce type de demande. La communication des codes LPP détaillés devrait être, selon notre analyse de l’avis de la CNIL, limitée aux garanties médicalisées ne pouvant être liquidées avec les codes LPP regroupés sur le marché libre.

Des échanges avec les OCAM s’ouvriront prochainement à ce sujet. Cela sera aussi l’occasion d’aborder les sujets de la simplification et de la généralisation du tiers payant, ainsi que des conditions du contrôle de la conformité des produits. A ce titre, nous avons été alertés par plusieurs opticiens de courriers reçus de la part d’Harmonie mutuelle concernant des contrôles de délivrance faits il y a plus d’un an et contestant maintenant la conformité de ces prises en charges. Si vous êtes concernés, n’hésitez pas à nous en faire part par retour de mail.

La CNAM nous a fait part d’une préoccupation réelle concernant la non transmission par un certain nombre d’opticiens des feuilles de soins lors d’une prise en charge sur le marché libre (en raison du remboursement de quelques centimes). Si la CNAM ne reçoit pas ces feuilles de soins, c’est s’exposer au risque d’un marché libre uniquement régulé par les OCAM. Nous vous demandons donc de bien transmettre aux CPAM les feuilles de soins pour chaque délivrance sur le marché libre.


Un dernier mot sur les bailleurs. Comme craint, la médiation lancée par Bercy en avril sur les loyers a accouché d’une charte décevante. Le ROF a refusé de la signer. Elle n’a fait qu’entériner les reports de loyers de la période de mars avril, sans s’engager sur de réelles annulations et sur une variabilité des loyers pour les mois à venir. En conséquence, nous avons resollicité directement Bercy afin d’envisager des mesures sectorielles.

A ce titre, vous êtes déjà nombreux à avoir répondu au sondage que nous avions lancé il y 3 semaines. En vue de futurs rendez-vous, si vous pouvez, si ce n’est pas déjà le cas, y répondre, nous vous en remercions par avance : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSe3oNL07qVoIDVHXDX9CX80GqOdsODkZLTbs0OJ_kRrlbUiMQ/viewform

 

Confraternellement,

André Balbi


- Lu 454 fois